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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 20:43

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J'aime bien Philip Roth, même si je trouve qu'il y a du bon et du moins bon chez cet auteur. Son écriture a l'avantage d'être claire, précise et directe. Même si je trouve qu'il pourrait aller plus loin parfois, et triturer son univers, le dépouiller encore un peu plus. En faire un trou encore plus béant qu'il ne l'est parfois. 

 

Je ne sais pas par quel bout commencer pour parler de son dernier bouquin. Je peux vous dire que c'est bien, vachement bien même. Et en même temps, je ne saurai trop expliquer pourquoi.

Dès le départ, je suis entrée dans le circuit, avec quelques vertiges et des sueurs froides. Et j'aime ce genre d'entrée, ça change de certains débuts insipides...

Dès le début, on plonge tête baissée, dans une communauté juive de Newark, en 1944. Le contexte est étouffant, et la polio va sévir petit à petit, pour s'installer. C'est un personnage fou cette polio, parce qu'elle prend de l'ampleur dans le roman et qu'elle nous contamine. C'est un être vicieux, sournois, qui s'immisce tout doucement. On la croise sans la voir, on lui sourit, on l'embrasse et elle vous étrangle ! Alors, on se dit "Pov'gosses", et puis "pourquoi moi? pourquoi pas lui?". Ca fout les jetons, parce qu'on ne sait pas d'où vient ce mal, pourquoi ce mal, et puis l'inconnu, ça fait toujours peur. La peur génère mille questions, mille tourments. L'araignée tisse sa toile, et on a beau se démener, elle vous colle à la peau, cette garce.

 

Ca ressemble terriblement à La Peste de Camus, c'est clair et net,et du coup j'ai eu du mal à me détacher de ce chef-d'oeuvre.  La Peste est à mes yeux une réussite totale, un chef-d'oeuvre, difficile à surpasser. Et Roth est un cran en dessous, vraiment, parce que son écriture est moins percutante, même si la tentative est belle. Et puis, ce livre, c'est à un peu comme un homme qui marcherait, qui avance, qui sait que c'est vain, que c'est inutile, et quelque part, c'est peut-être la plus belle image du désespoir.

A lire donc, parce que le coeur s'emballe un peu quand même, parce que ça interroge forcément, mais  je pense qu'au fond, il manque un souffle épique au livre, la rage du coeur, la nausée, bon sang !  et puis de vrais personnages. Je n'ai pas pleuré pour eux, malgré certaines scènes, je trouve qu'on reste spectateur du désastre.  J'aurais aimé m'attacher à ces gens, pleurer pour eux, être transpercée par le "javelot".

On sent la peur, mais il manque la foudre, le bruit, la fureur des dieux. C'est bête, avec un titre pareil. 

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